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L'ARACHNOLOGIE

L'Arachnologie est la science qui étudie les Arachnides (étonnant non ?). Attention : ne confondons pas Arachnologie et Arachnophilie ! Même si les arachnologues apprécient les Araignées, il ne les confondent pas avec des Cochons d'Inde que l'on élève dans un bocal pour épater la petite amie ou les copains.... Si l'arachnologue est souvent amené à élever des araignées en captivité, il ne le fait que dans un but bien précis : étude du comportement, du cycle de reproduction, etc... De plus, l'arachnologue amateur élève de préférence des araignées "locales" et ne leurs préfère pas les grosses mygales bien velues importées de je ne sais où.... Il existe en effet tout un commerce d'arachnides (essentiellement mygales et scorpions de grosse taille) présentés comme des animaux "familiers", on en trouve maintenant dans n'importe quelle animalerie... Au même titre que le commerce des oiseaux exotiques, ceci est une menace pour certaines espèces rares (donc recherchées) déjà souvent menacées par la destruction de leur habitat d'origine. De plus, ces animaux sont en général venimeux, et même si le vendeur vous assure qu'il n'y a aucun danger, je n'en suis pas si sûr... Certains venins ne sont pas encore bien connus, et de toute façon il existe toujours un risque de réaction allergique non négligeable (de nombreuses mygales possèdent des poils urtiquants...). De toute façon, comment espérer lier des liens avec un arthropode si ce n'est à sens unique ?

La pratique de l'Arachnologie pour un amateur est une chose assez compliquée (je parle pour la France). En effet, cela nécessite pas mal de persévérance, il n'existe que peu d'associations spécialisées et débuter seul n'est pas une mince affaire... Il existe en effet environ 1500 espèces d'araignées en France dont la plus grande majorité a une taille inférieure au centimètre... Autant dire que l'on s'y perd vite ! De plus, les ouvrages pointus en français manquent cruellement à l'appel (voir bibliographie), dès que l'on veut un tant soit peu se spécialiser on est obligé de faire appel à des ouvrages anglais et on tombe sur un autre problème : lesdits ouvrages sont conçus pour l'Angleterre et il y manque pas mal d'espèces pour la France !

Si vous lisez cette ligne, c'est que le paragraphe précédent ne vous a pas découragé ! Vous êtes sur la bonne voie !

Comment commencer ? Je ne suis pas un spécialiste, juste un curieux de nature, je vais cependant tenter de vous aider en vous indiquant quelle fut ma démarche...

Pour ma part, étant ornithologue amateur et donc déjà sensibilisé à la beauté de Dame Nature, j'ai tendance à vouloir approfondir mes connaissances dans de nombreux domaines de la biologie... J'étais donc déjà très attentif à tout ce que j'observais et, entre autres, aux araignées que je pouvais remarquer lors de mes nombreuses sorties "nature". Je suis tombé un jour sur le "Guide des Araignées et Opilions d'Europe" de D. Jones qui venait de paraître chez Delachaux et Niestlé (cf bibliographie). A partir de ce moment, j'ai commencé à chercher à voir plus d'araignées (le syndrome de la "coche" est très répandu chez les ornithos...:-)). J'ai appris à reconnaître les araignées les plus caractéristiques et je me suis vite rendu compte que je n'étais capable de déterminer qu'une infime partie des espèces que je rencontrais... Cela a duré plusieurs années pendant lesquelles je me suis habitué à l'observation des araignées dans la nature, sans chercher à aller bien plus loin. Puis un ami m'a présenté la revue "Pénélope" (voir bibliographie), sorte de "la Hulotte" spécialisée dans les arachnides et qui hélas n'existe plus, à laquelle je me suis abonné rapidement. J'y est découvert le monde de l'arachnologie amateur. J'ai appris que pour déterminer les espèces de façon précise, il fallait les capturer et étudier les organes génitaux....

Le dilemme du naturaliste : et oui, vous avez bien lu ! La détermination des araignées passe le plus souvent par l'observation des individus sous une loupe binoculaire. Et comme les araignées ne sont pas du genre patientes lorsqu'il s'agit de rester sur le dos, pattes étalées sous une lumière vive... on est obligé de tuer les individus que l'on veut déterminer ! Ceci est bien sûr contraire à l'idée que l'on peut se faire de la protection de la nature... Cela m'a longtemps rebuté, ma curiosité a pourtant pris le dessus. Dans la mesure où l'on se fixe des règles d'éthique très strictes, il me semble que le sacrifice de quelques individus peut être acceptable (n'oublions pas que nous parlons d'arthropodes... combien d'araignées sont-elles consommées chaque jour en France par les Oiseaux ???) si ceci est fait dans le but d'améliorer nos connaissances de ces animaux et donc de permettre à terme de déterminer quelles espèces sont vulnérables et donc à protéger. L'individu (sauf pour les espèces très rares) n'a pas autant d'importance chez les araignées que chez les vertébrés... ce qui est primordial pour le maintient d'une espèce c'est avant tout la protection de son biotope, encore faut-il savoir exactement quels milieux elle occupe !

Ceci étant dit, voici quelques règles élémentaires qu'il me semble important de respecter :

  1. ne pas collecter plus d'individus que l'on ne peut en déterminer...
  2. ne pas prélever d'espèces connues comme étant rares ;
  3. de manière plus générale, ne pas prélever d'individus d'espèce pouvant être identifiée certainement à l'oeil nu ;
  4. respecter les milieux, y compris les micro-milieux : remettre les pierres soulevées en place par exemple ;
  5. ne pas chercher à collectionner les espèces comme le font certains "entomologistes", ne prélever que le strict minimum nécessaire à la détermination et à la comparaison avec d'autres spécimens (on appelle cela une collection de référence, mais je n'aime pas ce terme...les araignées ne sont pas des timbres...)
  6. se donner des limites dans ses études : limites géographiques (inventaire des espèces d'une région donnée) ou autres (études des espèces d'un genre ou d'une famille donnée, inventaire des espèces dans plusieurs régions d'un même type de milieux, ...)...

Pour la capture des spécimens, j'utilise un modèle (maison) simplifié d'aspirateur à insectes constitué d'un tube de verre de 15 mm de diamètre (les deux extrémités étant ouvertes) emmanché dans un tuyau souple d'un mètre environ (type tuyau de gaz) avec un morceau de gaze coincé entre le tube et le tuyau (pour éviter d'avaler les araignées). Cet outil est très pratique et indispensable... on place l'extrémité du tube à proximité de l'araignée et on aspire dans le tuyau, l'araignée est alors aspirée dans le tube que l'on s'empresse de boucher avec un doigt. On peut alors examiner tranquillement l'animal dans le tube de verre, si il est nécessaire d'emmener l'animal, on peut alors le souffler dans un bocal contenant ou non de l'alcool éthylique à 70° (selon si on veut le tuer et le conserver ou l'emmener vivant pour élevage). Dans le cas d'animaux vivants : ne pas mettre plusieurs individus dans le même récipient ! Cela entrainerait presque certainement la mort des plus faibles...

On peut aussi utiliser divers outils communs à la capture des insectes : filets fauchoirs, parapluies japonais... Dans tous les cas, il est conseillé de ne jamais capturer des araignées à mains nues, non pas pour prévenir d'éventuelles morsures mais pour ne pas endommager ces animaux très fragiles, d'autant plus que les araignées ont la capacité de s'autotomiser, c'est à dire de perdre volontairement un membre ! Les gros individus peuvent être capturés en les dirigeant vers l'entrée d'une boîte pour les espèces courreuses, ou, pour les araignées orbitèles, en mettant la boîte sous l'araignée et en lui faisant peur ce qui ne manquera pas de lui faire lâcher prise et se laisser tomber...

Les spécimens sont conservés dans de l'alcool éthylique à 70° environ. Le tout dans des tubes en verre et/ou des bocaux... Attention, à l'évaporation !!! Il existe plusieurs techniques de rangement et classement des spécimens, à chacun sa méthode... Seule l'expérience permet de se faire son opinion... Le plus important restant de pouvoir retrouver rapidement un spécimen et donc de tenir à jour plusieurs indexes (par famille, par milieu, par lieux, par date....). Vous trouverez de plus amples informations dans les ouvrages cités en bibliographie.

Mais l'arachnologie ne se résume heureusement pas à conserver des araignées dans de l'alcool ! Observer les araignées dans leur milieu, en élever certaines pour étudier leur comportement en détail, etc... Autant de choses passionnantes et qui, souvent sont inédites. Sur les 1500 espèces de France, combien ont été étudiées en détail ??? Tous les ans, de nouvelles espèces sont découvertes de par le monde et même encore en France !!!

 
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